Marco(S’adressant au plafond, ou à une divinité invisible)
Non, mais sérieusement ? On peut en parler deux minutes ? Juste deux minutes de silence, sans une azaka qui hurle comme si la fin du monde était prévue pour le prochain quart d’heure ?
Merci “Tzeva Adom”. Merci de me rappeler que je vis dans une Escape Game géante dont personne n’a trouvé la sortie.
Vous savez ce qui m’énerve le plus ? C’est le timing. Ce n’est jamais quand tu es assis, prêt, tes chaussures lacées, ton sac de survie sur le dos. Non. C’est toujours au moment précis où tu viens de mettre l’après-shampoing. Celui qui doit poser trois minutes pour “un éclat soyeux”. Résultat ? Je me retrouve dans la cage d’escalier avec les voisins, avec une odeur de coco-vanille sur la tête et de la mousse qui me coule dans les yeux.
(Il pointe un voisin imaginaire) Et là, tu as Monsieur Cohen, du 4ème. Il est là, en slip kangourou, imperturbable, en train de m’expliquer que “de son temps, les missiles étaient plus gros mais qu’on en faisait moins de fromage”. Monsieur Cohen, je m’en fiche de la taille des missiles ! Je veux juste rincer mes cheveux sans risquer un traumatisme crânien !
Et les applications sur le téléphone… “Alerte à Tel Aviv”, neva tsedek tel Aviv est
Mon téléphone vibre tellement qu’il commence à se déplacer tout seul sur la table. Je l’ai mis en mode “Vibreur” pour ne pas sursauter, maintenant j’ai l’impression d’avoir une attaque de Parkinson dès qu’un drone passe à 200 kilomètres.
(Il soupire) Le pire, c’est qu’on devient des experts. On ne demande plus “Est-ce que tu vas bien ?”, on demande “C’était une interception ou un impact ?”. On analyse le “Boum” comme des critiques gastronomiques. “Ah, celui-là, il était sec, très net, sûrement un Dôme de Fer. Par contre, le précédent, il avait une résonance un peu sourde, non ? Un peu trop proche de la cuisine à mon goût.”
Je suis fatigué. Je veux juste un pays où le seul bruit qui me réveille à 2h du matin, c’est un chat qui renverse une poubelle ou un voisin qui fait des travaux le samedi matin. Un truc normal, quoi !
(Soudain, il se fige, tend l’oreille… un silence de mort)
C’est quoi ce silence ? Pourquoi c’est calme ? … C’est suspect. C’est sûrement le calme avant une autre azaka
(Il lève sa brosse à dents comme un défi) Allez-y, envoyez-la, votre alerte. De toute façon, mon après-shampoing a déjà sec



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