Nir Galim
Le post-traumatisme en Israël est aujourd’hui devenu un véritable sujet de société. Pourtant, derrière ce terme récent se cache une réalité que le peuple juif connaît depuis des siècles : survivre au traumatisme, se reconstruire et continuer à vivre.
Le pogrom du 7 octobre et la guerre qui se prolonge ont profondément marqué la société israélienne. Mais une question me revient : comment les survivants de la Shoah ont-ils réussi à vivre après l’horreur ? Ont-ils réellement guéri ?
Pour beaucoup, la réponse fut simple : le silence.
Dans ma famille, ma grand-mère s’était remariée avec un homme évadé de Buchenwald. À 18 ans, j’ai passé des heures à l’interroger. Une phrase m’est restée gravée : certains souvenirs des camps le poursuivaient jour et nuit et l’empêchaient d’oublier.
Des années plus tard, j’ai rencontré par hasard son petit-fils en Israël. Incroyable : il ne connaissait presque rien de l’histoire de son grand-père. Personne n’en parlait.
Hier, lors d’un tiyoul, j’ai visité la Maison du témoignage de Nir Galim, près d’Ashdod.
Ce moshav a notamment été fondé par des survivants hongrois de la Shoah. Ils voulaient oublier le passé pour reconstruire une nouvelle vie en Israël.
Mais lorsque de grandes cheminées industrielles sont apparues dans le paysage d’Ashdod, leur silhouette a réveillé chez certains des souvenirs qu’ils avaient tenté d’enfouir.
Puis leurs enfants ont étudié la Shoah à l’école. Ils ont posé des questions. Le silence a laissé place à la parole.
Cette transmission est devenue une forme de reconstruction : raconter pour transmettre, transmettre pour ne jamais oublier, mais surtout continuer à vivre.
Un musée bouleversant que je recommande de visiter avec un guide.
Merci Fredo Coscas pour ton professionnalisme.
Notre histoire nous enseigne peut-être une chose essentielle : nous ne choisissons pas toujours nos épreuves, mais nous pouvons choisir ce que nous construisons après elles.
Am Israël Haï. 🇮🇱



