Sommes-nous des colonisateurs
Il y a près de quatre mille ans, un homme quitte sa terre natale. Il s’appelle Abraham. Il ne part pas conquérir, il ne part pas coloniser. Il répond à un appel. Il marche vers une terre promise à sa descendance. Il n’y installe pas un empire. Il y plante une présence.
Des siècles plus tard, ses enfants deviennent esclaves en Égypte. Puis vient Moïse. La sortie d’Égypte n’est pas une migration opportuniste. C’est le retour vers une terre déjà promise, déjà nommée, déjà inscrite dans une alliance. Au Sinaï, la liberté reçoit une direction : entrer en Terre d’Israël et y vivre selon une loi.
Le peuple s’installe, construit, cultive. Sous Salomon, un Temple s’élève à Jérusalem. La promesse devient pierre. La nation prend forme sur sa terre.
Puis viennent les destructions, les exils, les dispersions. Babylone. Rome. Deux mille ans d’errance. Mais jamais l’oubli. Dans chaque prière, dans chaque mariage, dans chaque génération, une phrase demeure : « L’an prochain à Jérusalem. » On n’espère pas revenir dans un pays inconnu. On espère revenir chez soi.
Et puis 1948. Après les persécutions, après la Shoah, le nom d’Israël renaît officiellement. Une langue ancienne reprend vie. Des terres sont cultivées. Des villes sont bâties. Ce n’est pas une colonisation classique. Il n’y a pas de métropole, pas d’empire lointain envoyant ses sujets exploiter une terre étrangère. Il y a un peuple dispersé qui revient sur la terre où son histoire a commencé.
On peut débattre de politique. On peut discuter des conflits. Mais une chose demeure : le lien entre le peuple juif et la Terre d’Israël ne commence pas en 1948.
Alors la question reste ouverte : peut-on être colon sur la terre où l’on est né en tant que peuple ?
Dire la vérité devient essentiel, surtout lorsque chaque mot peut se transformer en arme contre la désinformation.
Am Israel Hai



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