Avec le temps
C’est le temps qui passe… ou alors est-ce nous qui traversons le temps ?
On ne comprend vraiment cette question que lorsqu’on perd un être cher.
À ce moment-là, on voudrait que les aiguilles s’arrêtent. Que le monde fasse une pause. Que le ciel dise : “Bon… on arrête tout cinq minutes.”
Mais non.
Le temps continue. Insolent. Régulier. Presque froid.
Alors, dans le judaïsme, il existe un moment extraordinaire : la shiva.
Pendant quelques jours, ce n’est plus le monde qui avance… c’est nous qui sortons momentanément de l’espace-temps. Comme un sas entre la douleur et le retour à la vie.
Et pourtant dehors, les minutes continuent de courir.
Les semaines s’enchaînent. Les mois défilent. Les années accélèrent. Surtout après 40 ans… où le temps ne marche plus… il court devant nous.
Mais chez nous, le temps n’est pas seulement une horloge.
Le temps juif a une musique.
Et cette musique s’appelle Shabbat.
Contrairement à ce qu’on croit, le Shabbat n’est pas la fin de la semaine. C’est son moteur.
Comme la branche centrale de la ménorah du Temple : trois branches avant, trois branches après… et au milieu, la lumière.
Trois jours pour préparer le Shabbat.
Trois jours pour essayer de redescendre du couscous, des salades et des chants de table.
Le temps devient alors un rythme :
les fêtes,
les souvenirs,
les générations,
les rendez-vous avec l’Histoire.
Comme disait Avec le temps :
“Avec le temps… va, tout s’en va.”
Sauf peut-être une chose : l’espérance.
Car l’Histoire juive est suspendue entre mémoire et futur.
Entre les larmes d’hier et la promesse de demain.
Elle tient en une phrase :
“L’an prochain à Jérusalem.”
Le peuple d’Israël est peut-être le seul peuple à avoir traversé les siècles sans disparaître, porté non par la force… mais par le temps transformé en espérance, l’hatikva
Alors oui, prenons le temps de vivre.
Le temps d’aimer.
Le temps de transmettre.
Et surtout… le temps d’être ensemble.
Am Israel Haï.


