Kippour
Il y a quelque chose d’extraordinaire en hébreu.
Pour dire « j’ai été », on dit Hayiti — הייתי.
Pour dire « je serai », on dit Ehyeh — אהיה.
Mais au présent, le verbe « être » disparaît.
On dit simplement : Ani Marc. Je… Marc.
Comme si l’hébreu voulait nous rappeler que le présent passe tellement vite… qu’on n’a même pas le temps de conjuguer le verbe !
Hier est terminé.
Demain n’est pas encore arrivé.
Et entre les deux, il y a maintenant.
Face à l’avenir, on peut avoir trois attitudes.
Connaître l’avenir : tout est écrit, je ne peux rien changer.
Prédire l’avenir : voyance, cartes, lignes de la main… je ne peux rien changer non plus.
Et puis il y a prévoir l’avenir.
Et là, tout change.
Prévoir, c’est se demander :
Qu’est-ce que je peux faire aujourd’hui pour améliorer demain ?
C’est peut-être cela, le véritable message de Kippour.
À Kippour, nous venons devant Hachem avec notre passé.
Nos réussites, nos erreurs, nos regrets… et quelques paroles qu’on aurait vraiment mieux fait de garder pour nous !
Nous demandons pardon.
Mais nous devons aussi venir avec un projet pour l’avenir.
La santé ? Aide-moi à en prendre soin.
La parnassa ? Donne-moi la force d’avancer.
Le shalom bayit ? Apprends-moi parfois à avoir raison… un peu moins fort !
Et surtout, aide-moi à transmettre nos valeurs à nos enfants et petits-enfants.
C’est cela, la Téchouva : nous ne pouvons pas changer hier, mais nous pouvons changer la direction de demain.
Kippour rassemble tout le peuple juif, pratiquants ou moins pratiquants. Pendant une journée, nous nous retrouvons ensemble devant Hachem.
Alors ne demandons pas seulement :
« Hachem, que vas-Tu me donner cette année ? »
Demandons-nous aussi :
« Qu’est-ce que moi, je vais faire de l’année que Tu me donnes ? »
Gmar Hatima Tova.
Am Israël Haï.



